Ce matin, FDSEA Aveyron et Jeunes Agriculteurs Aveyron ont participé au comité de suivi des impacts de la sècheresse présidé par Mme la Préfète de l'Aveyron.
Les chiffres présentés lors de cette réunion par les services de l'Etat et la Chambre d'Agriculture de l'Aveyron sont sans appel : la situation est catastrophique. Début septembre, le manque global d'alimentation des troupeaux dépasse les 50% et laisse présager des mois compliqués dans les élevages aveyronnais.
Madame la ministre de la Transition écologique,
Madame la ministre de l’Agriculture,
Alors que l'agriculture souffre depuis des mois de sécheresse et de canicules, que la nature elle-même tente de survivre, l'administration nous convoque ce matin pour nous expliquer une fois de plus que des têtes bien pleines au cœur de Paris, ont réfléchi à la gestion des haies agricoles.
Le décret de mise en application du guichet unique de la haie a été signé dans l'été.
Dernièrement, la loi d’urgence agricole a été votée, non sans rebondissement, à l’Assemblée Nationale et au Sénat, le Conseil Constitutionnel rendra, quant à lui, son avis à la fin du mois d’août.
Nous avons encore assisté, impuissants dans nos fermes, au ridicule des débats qui semblaient déconnectés des sujets primordiaux pour nous tous.
Résumer cette loi dense, qui traite de beaucoup de sujets, à 2 ou 3 articles pour faire enfler la polémique par des jeux politiques, ou encore préparer les prochaines élections… n’est qu’une fois de plus une stratégie de bas niveau.
Dans quelques jours, à Caen, se tiendra le congrès de la FNSEA, qui, comme tous les 3 ans verra le renouvellement de son conseil d’administration.
Ce sera aussi le congrès des 80 ans de la structure nationale. Que de combats, que d’évolutions, que de changements en 8 décennies. 80 années d’histoire basées sur des valeurs communes d’entraide, de solidarité, de responsabilité et d’engagement.
DNC, Mercosur, PAC, zone vulnérable, dégâts de gibiers, intempéries, loups et bien sûr simplification et revenus des agriculteurs.
Il faut avoir la tête partout à la fois.
La fin d’année est souvent un temps de réflexion, de regard en arrière sur ce qui a été réalisé, ce qui a été évité mais aussi les combats qui restent à mener. Avec les crises actuelles sanitaires, économiques mais surtout humaine il est facile de minimiser la résilience et de se concentrer uniquement sur ce qui n’a pas été à la hauteur.
Comme le rappelait Saint Exupéry, l'essentiel est invisible pour les yeux : la solidarité ne se mesure pas à ce qui se voit mais à ce qui se construit.
En tant qu'éleveurs nous ne pouvons rester indifférents ni inactifs, face à la crise profonde que nous sommes en train de traverser. Chaque jour, nous avançons en regardant avec angoisse cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos fermes, dans un climat d'incertitudes et d'angoisses.