La double peine pour l'élevage bovine français
Dès l’apparition de la maladie en France les réseaux FDSEA et JA ont pris leurs responsabilités pour suivre un protocole établi par des scientifiques mis en place par l’Etat avec un objectif : celui d’éradiquer au plus vite la maladie !
Hier comme un coup de poignard, Mme la ministre annonce le blocage des frontières pour le commerce des bovins sur notre territoire. Le premier sentiment partagé par chaque éleveur est l'angoisse. Celle de voir son troupeau malade, de devoir abattre ses animaux. Cette angoisse de la maladie qui prend aux tripes, au coeur.
Puis vient le dégoût.
Dégoût pour les sacrifices des éleveurs des Savoies qui vivent l'enfer depuis des mois, pour le travail de vaccination fait par tous dans des conditions pas acceptable, de l’irresponsabilité de quelques-uns, de l’incapacité de l’Etat à faire appliquer ses propres règles et enfin dégoût de voir le marché de la viande, qui se relevait ces derniers mois, vacillait à nouveau.
Puis le dégoût a fait place à la colère ! Immense et froide.
L'État DOIT prendre ses responsabilités face à cette crise sanitaire, humaine et maintenant économique, pour que l'élevage bovin français se relève rapidement de cette nouvelle catastrophe sanitaire.
Nous demandons donc :
• Des moyens publics pour que les protocoles établis soient respectés. L’Etat a mis en place un protocole de lutte contre la maladie mais n'a jamais contrôlé vraiment son application. Des animaux ont pu sortir de la zone réglementée, c'est inadmissible !
• A ce que des sanctions exemplaires soient appliquées en cas de non-respect du protocole.
• La mise en place d’une compensation financière suite aux pertes liées à la conservation prolongée des animaux.
Alors comme toujours, nous allons continuer notre travail. Vous vous croiserez sur les routes, nous allons prendre soin de nos animaux mais au fond de nous, nous avons encore une fois l’impression d'être la quantité négligeable de l’Etat. Pourquoi avoir une ministre de l'agriculture si elle détruit cette même agriculture. Nous ne sommes pas collectivement responsables du non-respect des règles dans les zones réglementées par certains, mais c’est bien l’Etat, nous ne sommes pas responsables de l’incapacité gouvernementale à tenir une position politique.
Nous ne sommes pas responsables de l'arrivée de la DNC en Europe!
Et pourtant, aujourd’hui nous sommes les seuls à être condamnés à une peine.