Une réunion d'échange sur la DNC

DNC : Eradiquer la maladie sans éradiquer la filière et l’économie agricole du département

Jeudi 16 décembre dans l’après-midi, le Président des Jeunes Agriculteurs Aveyron et la Présidente de la FDSEA, ont participé à une réunion d’échange sur la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), organisée par le Département, en présence de représentants de l’Etat, parlementaires, et autres responsables du monde agricole. 

« Notre objectif est d’enrayer l’expansion de la maladie et d’y mettre fin, car contrairement aux idées reçues, nous ne pouvons pas vivre avec », affirme Léo Nakich, président des JA Aveyron. Nous le rappelons, c’est une maladie mortelle, grave et extrêmement contagieuse, comme son nom l’indique.

La stratégie du tryptique fait ses preuves, c’est le moyen d’éradiquer la maladie à ce jour 

Aujourd’hui, la stratégie développée en Savoie et Haute-Savoie, départements où la maladie est apparue pour la première fois sur notre territoire en juin dernier, a fonctionné. Elle s’est basée sur l’écoute de la science. Le tryptique consiste à : ne pas déplacer les animaux, abattre les troupeaux contaminés, vacciner. Nous ne sommes pas en mesure de faire la distinction entre les animaux malades et ceux qui sont porteurs.

Depuis lundi la création d’un conseil scientifique dédié à la DNC incluant la profession agricole a été annoncé par la Ministre de l’Agriculture. Il permettra nous l’espérons de faire évoluer le protocole.

La vaccination 

La vaccination est une solution mais à ce jour, elle ne peut pas être la stratégie ! Premièrement, les vaccins ne sont pas là. Avec les premiers vaccins qui sont disponibles, il faut protéger en priorité les zones les plus exposées et les fermes qui en sont les plus proches. Deuxièmement, une immunisation généralisée de la France lui ferai perdre son statut indemne, avec des conséquences lourdes, telles que l’interdiction d’exporter de bovin viande pendant 14 mois.

Notre demande :

•    Au vu de la non-disponibilité des vaccins à ce jour, il faut que l’Etat assume ses responsabilités et fasse en sorte de les fournir, pour se tenir prêt si la maladie arrive aux portes ou pire, au sein du département.

•    Nous ne sommes pas contre la vaccination progressive mais en privilégiant :

- une ceinture sanitaire plus efficace et plus large autour des zones réglementées afin d’éviter une propagation du virus au Nord pour ce qui est de l’Occitanie. C’est le principe actuellement de la ceinture pyrénéenne.

- dans le cas où la maladie serait aux portes de l’Aveyron ou bien que la zone réglementée concernerait ne serait-ce que deux communes du département, il faudra demander la vaccination totale du territoire Aveyronnais.

- au vu des conséquences immédiates sur l’économie du département et sur la ferme aveyronnaise, nous suggérons d’attendre avant de se lancer dans la vaccination volontaire du département alors qu’aucun signe de maladie n’est à ce jour à proximité immédiate.

Non aux mouvements d’animaux

On le sait, de par expérience récente et par les connaissances scientifiques, les mouvements d’animaux sont l’une des causes de propagation de la maladie.

Notre demande :

Cette mesure fait partie intégrante du tryptique qui a permis d’enrayer la maladie dans les
Savoies. Ainsi nous demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités pour stopper les mouvements de bovins de zones régulées et vaccinales préventives vers zones indemnes, pour garantir la sécurité sanitaire des zones non contaminées. Nous demandons en parallèle de faire appliquer la règlementation de biosécurité sur les transports. 

Eradiquer la maladie sans éradiquer la filière et l’économie agricole du département

Notre position peut évoluer en fonction des avancées scientifiques et elle évoluera en tenant compte de la disponibilité des vaccins ainsi que de la volonté des éleveurs et des opérateurs économiques. 

En attendant nous demandons à l’Etat de se préparer de manière beaucoup plus proactive et de faire en sorte de se doter de ce dont nous aurions besoin en vaccins pour se tenir prêts. Enfin, nous demandons un contrôle beaucoup plus strict des mouvements d’animaux, avec des sanctions rapides à la hauteur des enjeux pour toute notre filière.

Retour de la réunion

Suite à la réunion, JA et FDSEA ont choisi d’envoyer à chacun de leurs adhérents respectifs un retour sur cette réunion avec ce qu’il fallait en retenir.

En quelques points, voici nos demandes qui ont été entendues : 
- l’Etat va prendre la responsabilité des contrôles sur les mouvements d’animaux,
- notre revendication concernant la sauvegarde du statut indemne est entendue,
- nous demandons à l’Etat de se préparer de manière beaucoup plus proactive et de faire en sorte de se doter des vaccins nécessaires à la couverture de notre département pour se tenir prêts dans le cas où la maladie menacerait de plus près,
- nous avons obtenu une position sur la vaccination préventive qui la pose sous conditions d’accords commerciaux bi-latéraux,

Nous croyons en l’avancée de la science et comptons sur des découvertes prochaines pour pouvoir envisager des alternatives au protocole actuel.

Depuis des jours, les responsables JA et FDSEA se sont montrés particulièrement ouverts et disponibles pour échanger avec les adhérents, comme à leur habitude mais particulièrement dans cette période où le flot d’informations, y compris de fake news et les craintes sont intenses.