Zone vulnérable : vigilance et reconnaissance du travail accompli

La révision de la délimitation de la zone vulnérable aux nitrates en Aveyron entre dans une phase décisive. Comme tous les quatre ans, la DREAL s’appuie sur les données de la dernière campagne d’analyses – conduite du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023 – pour redéfinir les zones classées au titre de la directive européenne “Nitrates”.


En Aveyron, 63 stations de prélèvement ont permis d’évaluer la qualité des eaux superficielles.

Le paramètre utilisé est le percentile 90. Il s’agit de la valeur au-dessous de laquelle se situe 90 % des concentrations mesurées (la seconde plus forte valeur si plus de 11 analyses, la valeur la plus forte si moins).

Le seuil de classement pour les eaux superficielles est de 18mg/litre de nitrate. Pourquoi ce seuil ? Car la DREAL considère que c’est le palier pour l’eutrophisation de l’eau ou susceptible de l’être.

Le projet actuel prévoit deux masses d’eau sortantes et dix entrantes, impliquant certaines communes du bassin du Dourdou, de l’Aveyron ou du Maresque. Une concertation technique est engagée d’ici la fin de l’année 2025, avant une entrée en vigueur du nouveau zonage au 1er septembre 2026.

Face à cette révision, la section environnement rappelle avec force les efforts continus et importants déjà entrepris par la profession agricole à travers des pratiques maîtrisées de fertilisation, de couverture des sols, et des analyses obligatoires des terres afin d’optimiser les apports azotés. Ces engagements, concrets et mesurables, ont permis de stabiliser la qualité de l’eau tout en maintenant la compétitivité de nos exploitations.

La section environnement tient à affirmer sa vigilance : aucune nouvelle contrainte ne doit s’imposer sans fondement scientifique clair, ni prise en compte des efforts déjà réalisés. La concertation doit être l’occasion de valoriser les résultats et de bâtir une approche incitative, adaptée au contexte local, plutôt qu’un empilement réglementaire.

Nous, agriculteurs aveyronnais, ne fuyons pas nos responsabilités : nous voulons produire durablement, dans le respect de l’environnement, mais aussi dans la reconnaissance du travail accompli.


Bérangère CAREL
Co-présidente de la section environnement