Réforme de la PAC

L’Elevage condamné

Le 25 mars dernier, face à l’attente intransigeante de plus de 6 000 éleveurs de l’ensemble du Massif Central réunis à Clermont-Ferrand et à Lyon, le ministère de l’Agriculture avait fini par nous accorder, non sans mal, une réunion en visioconférence pour écouter nos craintes face au projet de réforme de la PAC publié quelques jours auparavant. 

Le 31 mars, cette visioconférence avec le Ministre de l’Agriculture est venue confirmer nos craintes. S’il s’est voulu rassurant sur une énième évolution du cadre règlementaire des prix agricoles avec la construction d’un dispositif de « non-négociabilité », nous restons inquiets. Ces tentatives sont nécessaires mais quand verrons-nous réellement des effets positifs dans nos cours de ferme ?... 

Sur la réforme de la PAC, le ministre s’est montré inflexible. Confirmation de la diminution de l’enveloppe des aides animales au bénéfice des aides végétales. Confirmation de l’abandon de l’exigence de vêlage pour bénéficier de l’aide, confirmation ainsi d’une volonté de baisse de la production et d’un recul de l’activité de l’ensemble du secteur de l’élevage dans nos territoires. 

Nos productions animales, qui occupent les parties du territoire les plus difficiles à travailler, qui restent la seule activité avant la friche, qui sont les plus soumises aux importations les moins-disantes ; notre Ministre les condamnerait-il à disparaitre ? Quelle ferme, quelle entreprise peut se permettre de perdre 30 à 50 % de ses revenus sans envisager l’avenir autrement ?

Le déclin économique provoqué par la disparition des élevages et de leurs animaux dans nos paysages ne serait plus un fantasme. Nous ne voulons pas assister à la disparition de notre identité culturelle fondée sur une agriculture familiale, une nature et des paysages préservés par le pâturage et une alimentation qui font encore la réputation de la France.

En Aveyron, les éleveurs vont démultiplier les actions syndicales ce Jeudi 8 avril, pour commencer, ce seront les Trésoreries publiques et les Centres des impôts qui seront « murés » de vieux pneus ou de ronces. Pour couvrir ces actions et relayer la détermination des paysans aveyronnais à se battre pour défendre notre territoire et notre économie, nous vous invitons :