Loi Alimentation

La grande distribution doit respecter la loi


1 200 fermes laitières en 2015, 800 aujourd’hui. C’est une hémorragie. 800 éleveurs ont arrêté de traire des vaches, et si l’on compte les emplois induits par l’activité laitière, cela ce chiffre à 6 000 emplois perdus. Pourquoi ces arrêts ?

Etre éleveur, c'est une présence tous les jours de l’année, tous les dimanches et tous les jours fériés. Au regard du temps passé, cette astreinte n’est pas assez rémunérée pour conserver les producteurs et pouvoir recruter des salariés.

Depuis fin 2018, la loi Alimentation impose que les produits agricoles soient payés en prenant en compte leur coût de production, dont une rémunération digne de l’éleveur. Aujourd'hui, les acheteurs ne respectent pas cette loi et nous sommes allés manifester notre mécontentement en janvier à l’occasion d’actions syndicales partout en France. Quelques jours plus tard, nous apprenions que des premières hausses avaient été acceptées, mais seulement pour les laits de grande marque. Pour opérer un juste retour aux éleveurs, c’est sur tous les produits laitiers qu’il faut que les distributeurs consentent à faire revenir de la valeur. 

Il y a 18 mois, nous avions contrôlé les prix du lait dans plusieurs grandes surfaces aveyronnaises. Cette semaine, nous entamons une série de visites pour voir comment les prix ont-ils évolué et pour continuer à rappeler aux responsables de ces enseignes qu’ils ont une loi à respecter. Pour suivre ces actions, nous vous donnons rendez-vous : 

Dossier de presse

+ 1,8 %

C’est l’augmentation du chiffre d’affaires de la grande distribution en 2020, quand l’ensemble des autres secteurs ou presque a vécu une année noire. Un résultat exceptionnel au regard de la catastrophe économique qu’a été 2020. 

+ 600 millions d’euros

C’est le montant qu’elle a gagné en plus depuis deux ans grâce à l’application d’une autre mesure phare de la Loi Alimentation, le « relèvement du seuil de revente à perte », lui interdisant de brader les produits alimentaires. 

Après cela ? Eh bien la grande distribution rouvre la guerre des prix et demande aux producteurs et aux transformateurs agricoles et alimentaires d’accepter de nouvelles baisses. Indécence.

Clairement, la grande distribution a bien les moyens d’engager un retour de la valeur vers la production. 


Ce que dit la loi : « prendre en compte les coûts de production »

Adoptée en octobre 2018 suite aux « Etats Généraux de l’Alimentation », la Loi Alimentation avait entre autres mesures phares, imposé la prise en compte des coûts de production, dont la rémunération de l’éleveur, dans le prix des produits agricoles. C’est une avancée notable et très importante pour les agriculteurs. Il est plus que temps, maintenant, de faire appliquer la loi. 

Stagnation sur le prix du lait 

Selon l’interprofession laitière, un prix du lait prenant en compte les coûts de production, donc respectant la loi, doit se situer à plus de 39 centimes par litre. 
Depuis dix ans, le prix du lait payé au producteur a varié de 32 centimes à 34 centimes le litre en fonction des années. Alors que le prix de vente consommateur n’a cessé de monter passant en dix ans de 68 centimes le litre à plus de 85 en 2020.

Pour la filière laitière, en 2020, cette loi aura permis d’éviter une nouvelle baisse du prix. C’est une bonne chose. Mais il faut maintenant engager la remontée des prix, la situation financière des distributeurs doit le permettre. 1 centime de plus payé pour 1 litre lait, c’est 2 mois de salaire pour un éleveur laitier.

ARRÊTER L’HÉMORRAGIE

Depuis 2015, l’Aveyron a perdu près de 400 fermes laitières, environ 800 éleveurs. 1 200 fermes laitières en 2015, 800 aujourd’hui. Pourquoi ? Etre éleveur, c'est une présence humaine tous les jours de l’année, tous les dimanches et tous les jours fériés. Cette astreinte doit être rémunérée pour conserver les producteurs et pouvoir recruter des salariés.

Il faut arrêter l'hémorragie sur la perte des producteurs de lait. Il est important qu'un territoire préserve une agriculture diversifiée, qui se complète et qui s'équilibre. C'est un enjeu territorial qui concerne plus que les éleveurs, les emplois du secteur agricole dans leur ensemble.

La grande distribution doit respecter la Loi Alimentation.