Tour d’actualité

FDSEA, JA Aveyron et Chambre d’agriculture rencontrent la préfète

FDSEA, JA Aveyron et Chambre d’agriculture rencontrent la préfète

Roquefort : la complémentarité plutôt que l’opposition et la confusion.

Le positionnement choisi par le groupe Lactalis pour développer et commercialiser son bleu de brebis fait peser des risques certains de confusion et donc de dévalorisation du Roquefort. Si les producteurs ont toujours été attachés au développement de nouveaux produits à base de lait de brebis, il ne doit pas être source de renoncement à ce qui fait la force et le caractère incomparable de bon nombre de nos AOP.

Les organisations membres du Conseil de l’Agriculture Française de l’Aveyron ont publié un communiqué en ce sens prenant ainsi position dans le débat actuel autour du bleu de brebis.

Zone vulnérable : que l’Etat assume ses responsabilités !

Bien consciente de l’enjeu de la préservation de notre environnement et de notre territoire, la profession agricole s’est engagée, depuis plus de 25 ans, dans la prévention de la pollution de l’eau : amélioration des pratiques d’élevage, investissements dans des installations pour stocker les effluents et les utiliser au mieux, compostage, réduction des dosages, forte réduction de l’utilisation d’engrais minéraux,… Depuis 1991, l’Europe voulant s’assurer de la protection de la qualité des eaux a mis en place la « Directive nitrate » et le classement de communes en « zone vulnérable », exigeant aux fermes des investissements de plus en plus importants. Mais la profession agricole n’a pas attendu la contrainte de Bruxelles pour s’engager, depuis plus de 25 ans, dans la prévention de la pollution de l’eau : amélioration des pratiques d’élevage, investissements dans des installations pour stocker les effluents et les utiliser au mieux, compostage, réduction des dosages, forte réduction de l’utilisation d’engrais minéraux,…

En 2012 puis en 2015, un changement des critères d’évaluation, sans fondement scientifique reconnu, a fait classer 170 communes aveyronnaises alors qu’aucun problème de pollution des eaux d’origine agricole n’était présent en Aveyron ! Le classement de 2015 a été annulé par le Tribunal administratif. L’Etat a adopté un nouveau zonage en décembre 2018 et depuis presque 6 mois, les paysans sont laissés sans aucune information quant à leurs nouvelles obligations. L’Etat doit prendre toute la responsabilité de communiquer sur les conséquences, pour les agriculteurs concernés, d’un classement dont la véracité a toujours été contestée par la FDSEA et les JA.

Cours d’eau : l’Etat doit continuer le travail !

La loi Biodiversité de 2015 a défini ce qu’est un « cours d’eau », permettant aux acteurs des milieux aquatiques (pêcheurs, agriculteurs, syndicats de rivières,…) de s’entendre sur leur localisation et d’adapter leurs pratiques en fonction. En effet, les cartes IGN sont la référence actuelle et il s’avère qu’elles comportent de très nombreuses erreurs quant aux cours d’eau référencés. Par exemple pour l’agriculture, la présence d’un cours d’eau auprès d’une parcelle nécessite de mettre en place une « bande enherbée » destinée à séparer la culture du cours d’eau. Depuis 2015, les services de l’Etat, accompagnés par les agriculteurs et autres acteurs du territoire ont entrepris la réalisation d’une cartographie fine et précise de l’ensemble des cours d’eau aveyronnais. Pour cela, et autant que nécessaire, ils se déplacent sur le terrain pour constater collectivement que les 3 critères qui font un cours d’eau tels que définis dans la loi (présence d’une source, d’un lit naturel à l’origine et d’un écoulement d’eau sur la majorité de l’année) soient effectifs. Par rapport aux cartes IGN, des cours d’eau sont confirmés et d’autres, inexistants sur le terrain, sont infirmés. Seulement, depuis 1 an le travail est stoppé. Seulement 20 % du territoire est cartographié, alors que d’autres départements ont terminés et que leur cartographie est opérationnelle et référencée dans TéléPAC.

Sangliers : l’Etat doit mettre en œuvre ses promesses !

La population de sangliers explose en Aveyron : + 200 % en 10 ans ! Et les dégâts sur les cultures avec !

En octobre 2018, nous invitions Madame la Préfète sur une ferme pour lui  montrer et lui détailler les multiples conséquences des dégâts de sangliers : retravail de la terre, ressemis, achats de céréales et de paille supplémentaires, casse de matériel, risques sanitaires induits par des fourrages souillés de terre pour les animaux, comme pour les éleveurs. A l’issue de cette visite, elle s’était engagée à ce que l’animal soit classé « nuisible » dans certains secteurs de l’Aveyron afin de permettre sa chasse sur une plus large partie de l’année. Ce classement doit être opéré maintenant. Nous y comptons bien !

Retraites agricoles : on se moque de nos anciens !

« Un minima à 1000 € seulement pour ceux qui prennent leur retraites à compter de 2020 ». Cette annonce récente du Chef de l’Etat a choqué les 1,3 million de retraités agricoles actuels dont la pension moyenne est parmi les plus faibles de France : 760 €/mois, alors que la retraite moyenne des français est à 1380 €/mois.

L’objectif de revalorisation des retraites à 85 % du SMIC est une urgence pour l’ensemble des retraités actuels et à venir. Et le principe de minima de pensions en agriculture équivalents à ceux des autres régimes est nécessaire.  Cet enjeu est majeur, également, pour le renouvellement des générations. Un revenu décent pour les retraités conditionne les projets de transmission d’exploitations et donc l’installation de nouveaux jeunes dans des conditions plus sereines.

Loi Alimentation : les outils juridiques au complet pour une construction du prix « en marche avant » !

Les ordonnances qui complètent le dispositif de construction du prix « en marche avant », en application de la loi EGAlim, ont été adoptées en Conseil des Ministres et publiées au Journal Officiel. C’est une avancée importante. Les organisations économiques disposent dorénavant de tous les outils juridiques pour une répartition plus équilibrée de la valeur dans la chaîne alimentaire, notamment au bénéfice des agriculteurs dont la rémunération reste anormalement basse. En cas de défaut d’application de la loi, de pratiques commerciales déloyales, ou de prix abusivement bas, les sanctions sont aujourd’hui clairement établies.

Pour la FDSEA et les JA, ces nouvelles règles doivent s’appliquer au profit d’un retour de valeur aux agriculteurs.

Installation : la priorité parmi les priorités

En 2018, 151 jeunes se sont installés avec l’accompagnement aidé en Aveyron, premier département de France en termes d’installation. Cette dynamique est le fruit d’un travail quotidien de nombreux organismes du département. Bien que ce résultat soit une source de satisfaction, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers.

Le financement des Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) doit être maintenu malgré un accroissement global du nombre d’installations. Il n’est pour nous pas entendable que l’administration pioche dans des enveloppes dédiées à la promotion de l’installation pour payer les DJA. Nous serons extrêmement vigilants sur ce point.

Par ailleurs, les choix budgétaires de la Région Occitanie ont entrainé une réduction du financement des formations agricoles diplômantes. Cela nous semble totalement contradictoire avec l’objectif unanime de renouvellement des générations d’agriculteurs.