Viande bovine et lait de vache

Réagir à la mesure de la situation

Plusieurs réunions se sont tenues la semaine dernière en réaction à la situation très compliquée de la filière viande bovine. Constats accablants :
  • Des cours en baisse sur toutes les viandes bovines, baisses déconnectées du dynamisme des marchés à cette saison.
  • Une envolée de prix des matières premières : alimentation, paille, foin, céréales, mais aussi intrants, plastiques, fer,...
  • Un bilan comptable 2019 encore difficile avec 10 500 € de revenu annuel moyen. Et une décapitalisation s'élevant à -1,8 % de vaches allaitantes (moyenne annuelle 2020/2019).
  • Une "prise en compte des coûts de production" imposée par la loi Alimentation, qui n'est ni appliquée, ni sanctionnée.
  • L'inquiétude quant à la nouvelle PAC et au maintien des aides couplées, aides qui représentent 80 % du revenu en vache allaitante.
  • L'ajournement de tous les dossiers calamité sécheresse départementaux déposés au niveau national (l'Aveyron n'est pas concerné), alors que le système n'est absolument plus adapté à la situation climatique.
  • L'incertitude également face aux hésitations du gouvernement qui semble vouloir abandonner son refus du CETA et du Mercosur.

La problématique est celle-la pour la filière viande bovine, mais relativement similaire pour le lait de vache. Des aides PAC insuffisantes, menacées et une Loi Alimentation qui ne protège pas suffisamment le prix à la production. Globalement, il manque 14 000 € par chef d'exploitation laitière pour arriver à un revenu au niveau du prix de revient au regard du temps passé. A cela s'ajoute la situation catastrophique des veaux laitiers...

C'était le sens de notre action dans le rayon lait de Leclerc Sébazac le 20 janvier dernier, revoir le reportage France 3 vidéos > En 2020, le chiffre d’affaires de la grande distribution a cru de + 1,8 % quand l'ensemble des secteurs a vécu une année noire. Et la mesure de la Loi Alimentation nommée « relèvement du seuil de revente à perte », interdisant de brader les produits alimentaires, lui a fait gagner 600 millions d’euros supplémentaires. Après cela ? Eh bien la grande distribution rouvre la guerre des prix et demande d’accepter de nouvelles baisses. Clairement, les GMS ont bien les moyens d’engager un retour de la valeur vers la production et notre action syndicale a porté en partie ses fruits car depuis, des hausses ont été acceptées sur certains laits de grande marque.

Avec la FNB, FNPL, FNO, FNEC et l'ensemble des Massifs de France, le travail d'alerte se met en place. Comme nos collègues, nous avons commencé à rencontrer nos parlementaires la semaine dernière, Stéphane Mazars et Anne Blanc, et nous rencontrerons les autres député et sénateurs le 15 février prochain. Un rendez-vous avec la préfecture se fera également. Des manifestations se préparent dans certains départements.

 

Il nous faudra envisager nous aussi, selon les modalités qui paraitront les mieux adaptées, de nous mobiliser ensemble, producteurs de viande et de lait, d'ici fin février.
 
Valérie Imbert,
Secrétaire générale FDSEA