Rencontre avec la Fédération Nationale Porcine

A l'occasion de sa tournée en Occitanie, la Fédération Nationale Porcine (FNP) a organisé une rencontre interdépartementale à Villefranche-de-Rouergue vendredi 15 avril. L'occasion de faire un point sur la conjoncture en filière porcine, les contrats Egalim2, la castration et le bien-être animal.

Une conjoncture maussade :

François Valy, président de la FNP, en compagnie du directeur Éric Thébault et du Lotois Thierry Lafragette, administrateur de la FRP Occitanie, ont échangé avec la trentaine d'éleveurs présents lors de la rencontre dont des représentants de la FDSEA 12, 46.
«La situation actuelle, vous la connaissez, c'est un porc payé à 1,69 euro. Le poids est également à la baisse tout comme le nombre d'animaux. La situation en Allemagne est à peu près la même avec des annonces de baisse de 10% de la production, pour viser avant tout l'autosuffisance. L'Espagne qui parlait d'augmenter sa production de 55 à
70 millions de porcs s'est vite fait rattraper par les enjeux environnementaux et les associations. Attention tout de même, ces annonces datent d'avant le début de la guerre en Ukraine», a rappelé François Valy.

Deuxième sujet de discussion les normes tant environnementales que vis-à-vis du bien-être animal. «Nous entendons maintenant le terme de mutilation. Je crains qu'à terme, toute intervention sur des animaux ne soit interdite : la castration, l'écornage et j'en passe», prédit François Valy. Au centre de l'attention, la fin de la castration des porcelets, la caudectomie et le vaccin. «Peut-on vraiment parler de bien-être animal avec cette double injection ?», se demande l'un des éleveurs présents. «Nous sommes engagés sur cette voie du bien-être animal. Nous allons nous faire taper dessus en permanence», regrette un autre.
 
Dispositifs d'aides

Les contrats Egalim2, eux aussi, ne font pas l'unanimité. La FNP ne demande pas la sanctuarisation des prix. « Et puis, je ne suis pas sûr que le marché du porc se prête aux contrats : un cochon c'est d'innombrables morceaux à vendre. Le marché à la pièce, oui. Le marché à terme, il ne fonctionnera pas, je n'y crois pas », estime François Valy.

Le trio a bien entendu développé la situation des marchés de matières premières, abordé rapidement les effets de la guerre et la situation en Chine, pour dépeindre un tableau sombre. Pour conclure, les 4 volets d'aides du plan de soutien ont été décryptés. Une première enveloppe de 75 millions est déjà close suivant la règle du premier arrivé premier servi. La finalisation des paiements va intervenir dans les semaines à venir. Une autre de 175 millions est à suivre, dont les règles d'attribution seront connues dans les prochains jours. Puis en fin d'année, 20 millions d'euros seront alloués pour des prises en charge de cotisations MSA selon des critères à définir. Enfin, la production porcine, devrait émarger aux 489 millions du plan de résilience, si les élections présidentielles puis les législatives ne viennent pas rebattre les cartes.

Jérémy Duprat